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Les activités qui tiennent plus de dix minutes ont un point commun

Par · · 5 min de lecture

On propose, l'enfant décroche au bout de cinq minutes, on conclut qu'il n'aime pas. En général, le problème est ailleurs — et il est réparable.

J'ai passé pas mal de week-ends à proposer des choses qui s'arrêtaient aussitôt. En comparant celles qui duraient et celles qui tombaient à plat, un motif est apparu, et il n'a rien à voir avec le thème de l'activité.

Le point commun

Les activités qui durent sont celles où l'enfant décide de quelque chose. Pas du cadre, pas des règles de sécurité — du contenu.

Construire quelque chose sans modèle imposé dure. Suivre une notice ne dure pas, sauf pour les enfants que ça intéresse spécifiquement. Cuisiner en choisissant la forme des biscuits dure ; exécuter les étapes qu'on dicte ne dure pas.

Une activité où l'adulte sait déjà à quoi ressemblera le résultat est une activité où l'enfant est un exécutant. Ça tient rarement plus de dix minutes.

Les trois erreurs que je faisais

Ce qui prolonge une activité qui démarre bien

Ne rien changer. La tentation, quand ça marche, est d'ajouter — un nouveau matériau, une variante, une suggestion. Ça interrompt.

Et rester à côté sans participer. C'est l'ajustement qui a eu le plus d'effet chez moi : ma présence prolonge nettement l'activité, mais ma participation la raccourcit, parce qu'elle déplace le centre de décision.

Le corollaire désagréable

Beaucoup d'activités vendues clés en main fonctionnent mal pour cette raison précise : elles sont entièrement déterminées, le résultat est sur la boîte. Elles occupent un moment, elles n'installent pas un jeu.

Les choses qui ont le mieux marché chez nous coûtent à peu près rien — des cartons, du ruban adhésif, de vieux vêtements pour se déguiser. Ce n'est pas une posture anti-consommation, c'est une observation répétée.

Portrait de Julien Sauvageot

Contributeur parentalité

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