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Choisir ses batailles : la règle des trois refus par jour

Par · · 5 min de lecture

On dit non beaucoup plus souvent qu'on ne le croit, et pour des choses sans importance. Compter ses refus pendant une journée est un exercice instructif.

J'ai fait l'exercice un samedi : noter chaque fois que je disais non, interdisais, ou imposais quelque chose. Le total m'a surpris, et surtout la répartition — l'immense majorité portait sur des choses qui n'avaient aucune conséquence.

Ce que j'ai compté

Des refus de confort, essentiellement. Non parce que ça allait salir, parce que ça allait prendre du temps, parce que ce n'était pas comme ça qu'on fait, parce que je venais de ranger. Presque rien qui relevait de la sécurité ou d'un enjeu réel.

Le problème n'est pas chaque refus pris isolément — il est souvent justifié. C'est le cumul : à ce rythme, une journée devient une succession d'interdits, et le poids de chacun s'annule. Un non parmi trente ne pèse rien.

À force de dire non pour des choses sans importance, on n'a plus de non disponible quand ça compte vraiment.

Le tri que j'applique

Avant de refuser, une question rapide : est-ce que c'est dangereux, irréversible, ou est-ce que ça gêne quelqu'un d'autre ?

Le cadre est plus court, mais il est net, et il est tenu. C'est ce que je cherchais : moins d'interdits, mais des interdits qui existent réellement.

La partie difficile

Le oui coûte du travail. Accepter la peinture, c'est accepter le nettoyage. Accepter qu'ils fassent seuls, c'est accepter que ce soit plus long et moins bien.

Il faut donc être honnête : on ne peut pas tout accepter, et un refus parce qu'on est fatigué reste légitime — à condition de le dire tel quel plutôt que d'inventer une raison de principe. « Pas aujourd'hui, je suis crevé » est une phrase que les enfants comprennent très bien, et elle est plus juste qu'une règle inventée sur le moment.

Ce que ça a changé

Moins de discussions, surtout. Un enfant qui obtient oui la plupart du temps ne teste pas systématiquement, parce que le refus n'est plus le mode par défaut. Et de mon côté, moins de fatigue de négociation — qui était en réalité l'essentiel de ma fatigue.

Portrait de Julien Sauvageot

Contributeur parentalité

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